H.R Giger

Nous nous voyons dans ses tableaux comme des sortes d'embryons rampants (Timothy Leary)

11 novembre 2004

5.HRG: Les musées, les lieux-clé

Nous voici projetés en 1998. La ville de Gruyères, en Suisse, accueille désormais un monstre "premier du genre". Dans l'étrangeté mondaine portée à son comble, sont invitées diverses personnalités et proches amitiés de l'artiste pour couper le ruban. Le premier - et unique - Musée Giger vient d'ouvrir ses portes. C'est délibérément qu'on a choisi de situer l'endroit dans le cadre du chateau médiéval de St Germain. Cette aire gigérienne héberge peintures, sculptures et pièces de mobilier de son propre cru. S'y retrouvent également le fameux train de sa création (fantasme horrifico-feroviare de sa tendre enfance*) ainsi qu'un agencement des pièces bien particulier, une recréation de l'espace afin de faire croire au visiteur que l'imaginaire de Giger est bien vivant.


Entrée du musée

*A propos du train, Giger avait construit dans son enfance un petit train fantôme qui décrivait tout un circuit à l'intérieur du bâtiment qu'il habitait, et dont le point de départ se trouvait dans le hall, sous la cage d'escaliers. Le train fut construit à nouveau lorsqu'étudiant, il transforme sa chambre en pièce noire, et tient à y attirer/effrayer ses conquêtes féminines. Cette nouvelle version du train qu'on retrouve au musée est donc à envisager comme le point culminant de ce fantasme artistique, un pont entre trois époques de la vie d'un créateur: l'enfance, l'adolescence, et la maturité.


Ebauche du train


En 2003 s'ouvre un nouvel espace consacré à l'artiste, étrangement situé dans la même ville de Gruyères, dans le même chateau St Germain. Il s'agit du Bar Giger, qu'on doit envisager comme une introduction à la visite du musée, comme on ajoute ces touches de finition sur une dernière couche de glacis. La création de cette "oeuvre spatiale" nécessite trois années d'efforts, du fait de la complexité de sa structure, de l'usage récurent des motifs d'ossements métalliques sur les parois, épousant les formes voûtées du chateau qui se trouverait toujours sous cette couche "aliénifiée". L'endroit est d'autant plus impressionnant que la pièce est grande, pas tant pour sa surface de 7 mètres sur 10, ce qui pour un bar semble encore une proportion humaine. Mais la hauteur de plafond culminant à 5 mètres achève de donner cette impression de se trouver "dans le ventre d'une baleine fossilisée venue d'ailleurs", selon les termes d'un journaliste. Il s'agit du Bar Giger le plus achevé de tous.




Vues du Giger Bar au chateau St Germain

Le premier de ces espaces fut construit à Tokyo au début des années 90, à peu près sans l'accord de l'artiste, et tomba bientôt aux mains des Yakuzas. On doit savoir qu'à Tokyo, un bar voit rarement sa longévité supérieure à 5 ans. C'est effectivement ce qui advint, le Giger Bar de Tokyo ferma ses portes cinq ans plus tard.


Entrée du Giger Bar à Tokyo

Le second Giger Bar ne fut pas celui qu'il était prévu d'incarner initialement. On avait projeté, dans la continuité du rêve de l'artiste de le bâtir à New York, ville qui, selon son organisation mécanique réglée sur une horloge biologique, était censée s'accorder parfaitement avec l'esthétique et l'idéologie du maître. Mais c'est par manque de moyens financiers que le projet n'a pas abouti. Aussi, Giger fit un choix de coeur, et décida de le bâtir dans sa ville natale, à Chur. C'est à cette époque qu'il commence à oeuvrer pour la réalisation d'une majeure partie du mobilier dont nous lui connaissons aujourd'hui la paternité. Le Bar ouvrit ses portes en 1992.

              
                                            Entrée du Giger Bar à Chur


Salle du Giger Bar à Chur


Les aires virtuelles sont dignes d'intérêt également.

Le site officiel américain, se trouve au http://www.giger.com et offre une des présentations visuelles les plus abouties qui soient actuellement disponibles à propos de l'artiste. Les animations y sont très bien concues; y sont également disponibles quelques documents interactifs, des suppléments, et mieux encore: la possibilité de s'inscrire en ligne donne accès à de nombreux produits dérivés du nom de l'artiste. En réalité, il s'agirait surtout d'une approche commercialisable de Giger.

Le site officiel Suisse se trouve au http://www.hrgiger.com et se concentre de façon plus précise sur la carrière de l'artiste en offrant une biographie "abrégée" néanmoins très complète et riche en détails.


Enfin, la raison d'être de ce blog à propos de Giger était de donner plus de détails que ceux qui ont été donnés à l'oral lors de l'exposé, d'y ajouter quelques illustrations afin de ne pas trop saturer cette même présentation avec une surrabondance d'imprimés. Et enfin, le fait de l'avoir rédigé en français offre une plus grande accesibilité à l'oeuvre de Hans Ruedi Giger, dont la documentation se trouve être essentiellement rédigée en anglais ou en allemand.

Posté par D Caniglia à 10:50 - 5. HRG - Permalien [#]

 
Joseph Caniglia